Marc Boyer
Isabelle Chesneau
Christian Pfohl
45ter rue de la Révolution
93100 Montreuil
France
Tel 33 1 48 59 41 88
Fax 33 1 42 87 29 34
lardux@lardux.com
www.lardux.com
Eh bien oui, c’est fait, Lardux Films est sur Facebook.
Présentation
"... L’air de rien, ils te refont le monde, en tout cas lui ravalent un peu la fâce. Ils sont au Court métrage ce que le caricaturiste est à l’édito du rédac chef. Salutaires, salvateurs, sanitaires ! Tiens y’en a encore un qui va prendre ça mal ! prends ton dico banane !"
Gilles Colpart, journal du festival de Clermont 1999
C’est notre anniversaire en 2012 ! 20 ans de production de courts métrages ! 20 Ans de Potion Magique !!! A l’occasion de la présentation au Festival de Clermont Ferrand 2012 d’un programme LARDUX 20 ANS, Marc a donné une interview en forme de bilan a Format Court. C’est içi.
(Achetez nous la compilation éditée à cette occasion LARDUX FILMS : 20 ANS DE POTION MAGIQUE).
Née au début des 90’s nous sommes une équipe dédiée à l’animation, la recherche, l’expérimental et le documentaire, avec une réticence à la fiction, ou alors la comédie, l’horreur, le polar.
En animation, nous travaillons avec des auteurs qui pratiquent différentes techniques Pixilation, 3D, papiers découpés, volume, dessin animé pas traditionnel etc…
Une bonne définition serait de dire qu’on a toujours préféré la création, le cinéma essai, le cinéma de recherche, mais aussi le trash, le genre-genre, les films cons au cinéma d’auteur académique.
Lardux Films a depuis produit 66 courts métrages, 4 longs plutôt documentaires, 5 séries bien barjot de « Shorts TV » et une bonne dizaine de clips (Charlelie, Black Maria, Yann Tiersen, Kossity…). Nous sommes devenus avec tout ce travail une des boites de référence en production de courts métrages, une sorte de label, avec une manière de ne pas se prendre au serieux et de faire ce qui nous plait.
Que ce soit auprès des Indiens d’Amérique, des altermondialistes, des Zapatistes, des populations immigrées en France, une partie de notre travail à été de s’engager a travers nos boulots dans des films utiles, enragés, politiques.
A l’origine une association : 24 Poètes Seconde. Créée par Vincent Legrain, Stephane Elmadjian et Christian Pfohl vers 1986, vite rejoints par Marc Boyer. Agitation poétiques, bulletins irréguliers, et une vraie activité de discussions, d’essais, de petits films déjà. Avec en parallèle l’achat et l’accumulation de matériel de tournage, eclairages, caméras, accessoires.
Pendant ce temps là les Lardux deviennent des pilotes, tournés avec LUMINA PRODUCTIONS et l’amitié fondatrice de Aubert ALLAL, puis une série de 30 petits films à l’antenne de Canal + produits en partie pour LUMINA, qui fait faillite, puis par Jacques "Fucus" Fhima et Guy Gernez pour COPIRATE PRODUCTIONS qui font faillite. Grâce à la bourse d’un célèbre fabricant de missiles obtenue en 1991 et 1994, Marc et Christian créent Lardux Films en 1992, et s’associent avec Isabelle Chesneau, Stéphane Elmadjian, Christian Grandman et Hugues Poulain, pour former un groupe autonome de fabrication de films.
Les films crétins comme M.FOUDAMOUR et MALVEILLOS de Kram & Plof, la cinématographie émouvante de NOTES SUR LES LUMIERES puis VISIONS PANAMEENNES de Stéphane Elmadjian, la splendeur du film d’horreur LES ESCARPINS SAUVAGES des Frères Poiraud fait de bois et de lumière, le film noir CHAUSSEE GLISSANTE de Christian Grandman & Hugues Poulain, la fable provençale LA REVANCHE DE M.SEGUIN détournée par Christian Philibert, sont les premiers films marquants des années de démarrage. En 1992, 1995, 1997 la plupart de ces films sont sélectionnés et remarqués aux Festival de Clermont, Villeurbanne, Aix, Nevers.
Un fonctionnement en "atelier" permet a de nombreux films de voir le jour dans des conditions de production "no budget" avec une finition 35mm et un tournage avec notre caméra préférée la BOLEX !!! Cela donne la collection des films-bolex dont LE FACTEUR VENT, TOKYO EN BOLEX, MUSHROOM’S DAM, LE DEPART. Des films écrits avec une caméra, une table de montage et un auditorium. La bolex c’est aussi la caméra de LA PHOTOGRAPHIE de Pierre Minot (de Marseille) qui suit LA SALLE D’ATTENTE un film surréaliste et comico-sanitaire.
Toujours en Bolex, mais en pellicule Haut Contraste, dans une veine à la cinématographie radicale arrivent DUVET MAN un film très-con-mais-pas-plus-que-les-autres, suivi du chef d’oeuvre absolu du cinema russe le bien nommé MEURTRE D’UN BROUTEMECOUILLES CHINOIS du collectif des United Blaireaux of Treuilmon - un groupe aux frontières variables centré autour de Hugues Poulain, Stéphane Elmadjian et les Frères Poiraud, qui finiront en apothéose avec nos collègues de La Parti Production un DAS FANTASTICHE NACHT qui rend au film de guerre un hommage saldingue, ultra-drôle et carnivore.
C’est d’abord l’image de Hugues Poulain et le montage de Stéphane Elmadjian, leur folie et leur talent, qui donnent a ces films du style et de la force. C’est ensuite le soutien des programmes courts de CANAL +, sur films terminés, qui permettent a tous ces films d’exister en 35mm.
C’est aussi le fait que les festivals nous adoptent définitivement durant ces années là. Et puis c’est l’énorme travail de diffusion.
En 1999, sort en salles notre premier long métrage LES 4 SAISONS D’ESPIGOULE de Christian Philibert, une comédie documentaire, dont la production acrobatique et plus-que-fauchée sera récompensée par les 120 000 spectateurs qui le verront en salles. Depuis c’est devenu un phénomène, une sorte de film culte !!! Des problèmes financiers commençeront à ce moment là dont nous ne sommes jamais sortis...
Avec LA VACHE QUI VOULAIT SAUTER PAR DESSUS L’EGLISE de Guillaume Casset en 1997 - et le soutien du CNC, c’est le début d’une longue série de films d’animation... qui auront tous de très notables succès et qui le méritent bien : LE PUITS et LA MORT DE TAU de Jérome Boulbès, TOUS LES I DE PARIS de Gullaume Casset, BURGER BURP’s et CENT PAPIERS de Gérard Ollivier, puis ON A BEAU ETRE BETE, ON A FAIM QUAND MEME de Annelaure Daffis et Léo Marchand. A travers ces films, le cinéma d’animation nous apporte son lot de grands bonheurs et de succès, la création par des artistes de films précieux, dans des contraintes financières réelles mais toujours une grande liberté.
En paralèlle, depuis 1992 et jusqu’au tournage en 2002, nous développons puis financerons grâce à un partenaire allemand le long métrage VOYAGE EN MEMOIRES INDIENNES. Des mois et des années de repérage, d’enquête, de rencontres dans les communautés indiennes du Canada pour Jo Béranger et Doris Buttignol. Durant cette période, elles réaliseront LES FILLES DE ZAPATA au Chiapas durant la rencontre intergalactique du sous commandant Marcos en 1996, puis DU RIFIFI A SEATTLE ou l’omc sera mise en échec par la puissante manifestation monstre de Seattle en 1999... toujours sur les bons coups les filles ! Enfin un film très émouvant, JE VOUDRAIS VOUS DIRE, tourné en Bolex, ecrit par un groupe de femmes sans papiers de Valence.
En parallèle un bout de chemin fait avec Romuald Weber qui tue le cochon dans L’ENTZENBACH , et raconte dans LE PETIT HOMME une histoire d’amour, d’enfant et de montagne.
D’un coup la température monte, c’est toute une suite de films "politiques", du rouge et noir, des films a la première personne, des films-essais. La colère brulante de JE M’APPELLE de Stéphane Elmadjan en 2001 qui remporte les grand prix de Brest et de Pantin, mais aussi le geste situationniste de LETTRE AU FILS de Philippe Welsh, l’irrédentisme de A PROPOS D’ERIC P qui est notre première collaboration avec Pierre Merejkowsky, et FREEDUB 1 de Stéphane Elmadjian, film techno, sanglant et défoncé...
Fin 2003, c’est le dépôt de bilan, la cessation de paiement, la descente à la cave, des centaines de milliers d’euros de dettes, des films abandonnés, des ruptures dans le groupe, notamment avec Stéphane, une procédure de redressement étalée sur 10 ans dont nous sortirons en 2014, et malgré tout ça, les procès, la grosse déprime etc... on résiste... on liquide pas... nous continuons... et le VOYAGES EN MEMOIRES INDIENNES, fini en 2004 et sorti en salles en 2005 nous sauve grâce à l’avance sur recettes APRES réalisation...
Entre 2006 et 2010, ce sera d’abord l’étrange ECLOSION de Jérome Boulbès, puis le brillantissime LA SAINT FESTIN de Annelaure et Léo qui aura un succès gargantuesque, et L’AUBE de Pierre Merejkowsky avec son goût de révolution mondiale. Puis suivent 3 superbes films d’animation avec le toujours étrange MASQUES de Jérome Boulbès, l’émouvant LES COWBOYS N’ONT PAS PEUR DE MOURIR de Annelaure et Léo et le tendre LE SILENCE SOUS l’ECORCE de Joana Lurie.
Durant ces années de reprise, nous accompagnons Gilles Delmas qui a le bonheur de filmer les chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui et Akram khan au coeur de leur création, dans ZERO DEGRE L’INFINI en 2006, puis plus tard LES AILES BRISEES, l’installation LA ZONMAI, jusqu’au solaire LES SIX SAISONS en 2012.
Avec les années, nous vient un gout pour le cinéma documentaire qui s’exprime dans des démarches radicales, celle de Laurent Cibien & Isabelle Berteletti pour leur mystérieux MONSIEUR M, celle de Pep qui essaie, cherche et parfois trouve la magie du cinéma dans KAPITAL, dans la langue subtile et poétique de Françoise Poulin Jacob avec son JE VOUS ECRIS DU HAVRE,
LE SILENCE SOUS l’ECORCE de Joanna Lurie après le Festival de Clermont et d’Annecy, est, short-listé aux Oscars, et gagne une floppée de prix et de sélections, Loic Malo anime des pantins et des fantômes dans LE MOME TINTOUIN, Merej continue son cinéma avec MOI AUTOBIOGRAPHIE, Alban Gily et Julien Vray font du trashy-funky BUBBLEMAN un grand film crétin, Gilles Delmas poétise un LIVING CHIAYING à la beauté vénéneuse, et Benjamin Nuel peuple son HOTEL de personnages mélancoliques et vains arrachés à leurs jeux vidéos de guerre.
En 2012, l’année de nos 20 ans d’existence, beaucoup de projets et 4 films en fabrication : Annelaure et Léo sont embarqués dans un monumental et trépidant LA VIE SANS TRUC, LA CHAIR de Louise Lemoine-Torres et William Heine anticipe un monde sans femmes, ENCORE DES CHANGEMENTS de Barbara Maleville et Benoit Guillaume qui tentent avec leurs pinceaux et leurs ordis l’adaptation d’un texte puissant de Henri Michaux.
Tandis que Jérome Boulbès vient de finir LE PRINTEMPS une preuve magnifique de l’absolue singularité de son univers, Merej devient sous-président dans la série MEREJ SOUS PRESIDENT.
Nos projets pour les années qui viennent ? ECOUTE SANKARA de Adama Salle, NAISSANCE D’UN CLOWN de Emilie Desjardins et Pablo Rosenblatt, LIMBO LIMBO TRAVEL de Szuszanna Krief et Borbala Zeteniy, , LE MONDE de Pierre Merejkowsky, FOOD COOP de Tom Boothe, BLACK INDIANS de Jo Béranger, PASTORALES ELECTRIQUES de Ivan Boccara, EN FRICHE de Françoise Poulin-Jacob, MISHIMASAIKO de Aude Danset De Carvalho, ALPHONSE de Davy Durand, CALLIOPE de Guillaume Lenel et Stéphane Kleubuhler et si j’en oublie... ne m’en voulez pas, on est à la limite de l’implosion, là...
Avec toutes ces aventures cinématographiques, nous avons vécu et accompagné depuis le début des années 90 une progression historique du court métrage en général, de son nombre de spectateurs, de ses cinéastes, de ses soutiens, et nous participons toujours à ce mouvement avec notre ton, notre manière d’essayer de pas se prendre trop au sérieux, nos engagements, et avec le sentiment d’être, parfois, des passeurs. FAIS TOURNER LE PAVE.
Salut à toutes les générations de fous de cinéma qui font des films, organisent des festivals, des rencontres, aiment le court métrage. on a gagné ! Après toutes ces années jamais les films n’ont été autant vus, chez les grands et les petits, partout, grâce a cet enthousiasme ! Plus que jamais le niveau de qualité des films est bon, il y a une profonde diversité des styles, des narrations, des imaginaires, on accompagne une explosion des talents,
Jamais autant de bons films n’ont été faits.
Le court métrage est devenu un espace de liberté formelle et politique, un « lieu » de recherche d’écritures cinématographiques différentes, libres.
Nous avons a remercier beaucoup de gens et d’organisations qui ont été attentifs a notre travail, et l’ont soutenu. Tout d’abord, un grand merci à l’équipe des Programmes courts de CANAL + avec Alain Burosse, Patrice Bauchy, Pascale Faure et Brigitte Pardo, qui seront nos soutiens sur une très grande partie des films "ateliers", des films des blaireaux, de nos premiers films d’animation. Merci à eux pour la folie et l’intégrité avec laquelle ils ont animé cet espace de création. Plus tard, a partir du travail avec Jérome Boulbes, Hélène Veyssières de Arte Cinéma sera notre ange gardien, son gout iconoclaste, sa passion de cinéma, sa fidélité aux auteurs, accompagne parfois nos projets. Merci !
Il faut aussi saluer le CNC et les nombreuses commissions qui font un travail de tri, de choix et de partage de décisions, tout au long de l’année, dans différents cadres et protocoles. Un grand salut a l’équipe autour de Valentine Roulet et Morad Kertobi, avec Marie Claire Thirot, Johann Sorin, Younes Jama, Myriam Harleaux qui s’occupent au quotidien des auteurs et producteurs, On entend beaucoup de critiques sur le CNC mais que ce soit l’Aide au Programme ou l’Aide séléctive, le COSIP ou les aides au développement, tous ces soutiens sont essentiels et se sont bien développés ces dernières années. Et si au début de notre travail nous avons eu le sentiment que tout cela était "copinage et compagnie", c’était une grossière erreur de jeunesse, ce système est sans doute l’un des plus démocratiques qui soit (le travail des commissions), avec ses imperfections et ses impasses. Je veux içi saluer cette politique qui permet de structurer notre travail de production de courts métrages. C’est aujourd’hui un métier, pas seulement une passerelle vers "le long", ni une école, ni une carte de visite pour "plus tard" . C’est içi et maintenant que nous faisons des films.
Il faut saluer le travail des passionnés comme l’équipe du Festival de Clermont Ferrand mais aussi Catherine Fadier et Viva Delorme de la Procirep, toute l’équipe de l’Agence du Court métrage, Christine Gendre, Ainhoa Jauregui et Seraphina Panaud-Coxe de Unifrance dont l’aide est précieuse au quotidien, dans un esprit de long terme. Salut à eux !
Salut aussi à toutes les générations de fous de cinéma qui organisent des festivals, des rencontres, et qui aiment le court métrage. on a gagné ! Après toutes ces années jamais les films n’ont été autant vus, chez les grands et les petits, partout, grâce a cette résistance, cet effort de long terme !
Nous avons travaillé durant toutes ces années avec de nombreux stagiaires et assistants qui ont été souvent formidables, avec Libby, avec Denis, avec Yves, avec Marie Pierre, avec Froydis, avec Valérie, avec Benoit, salut à eux !
Et puis remercier Ketty et Jo, Olympe, Laura, Elsa, nos compagnes et nos filles qui nous ont donné la joie de vivre, avec qui nous avons partagé ces années, partagé ce quotidien de hauts et de bas, chiche et pourtant riche de tout plein de gens et de moments de beauté.
Aujourd’hui, après une centaine de productions, des déboires et de sacrés réussites diverses et variées, nous continuons à développer et produire Courts et longs métrages, Documentaires, Série et sites pour le Web, Installations multimédias et films de commande de différents types.